Sénégal: Baccalauréat 2006 : les épreuves se déroulent normalement - 4 Juillet 2006
Les épreuves du baccalauréat qui ont débuté hier sur l'ensemble du territoire national se déroulent normalement. Les premiers sujets des séries S2 sont jugés « abordables » par plusieurs élèves notamment ceux des centres d'examen des lycées Blaise Diagne et John F. Kennedy.
Dans ces deux établissements scolaires, les candidats au bac ont composé dans un calme plat et les premières épreuves se sont déroulées normalement. A Blaise Diagne, 1.600 candidats composent en série S2. Selon le chef du centre M. Alpha Diallo, par ailleurs proviseur dudit lycée, chaque salle de classe compte, au moins, deux surveillants et la sécurité est assurée par quelques forces de l'ordre appuyé par les gardiens du lycée. « Tout le matériel a été mis en place. Cela a aidé au bon déroulement des épreuves », a ajouté M. Diallo. Le même constat a été fait au lycée John F Kennedy par le chef du centre d'examen, Mme Ndack Faye Niang, qui a déploré quelques absences de candidats, « mais justifiées » sur les 1008 inscrits et répartis en cinq jury, tous de la série S2. Pour la journée d'hier (la première), les élèves ont examiné sur les épreuves de physique chimie dont trois exercices en physiques et deux en chimie. De l'avis M.
Diène Ndiaye, président du jury 808 au lycée Blaise Diagne, « les sujets sont très abordables pour un élève moyen ». L'élève Ibrahima Niass consent que les épreuves sont abordables. « Nous les avions traités en classe », dit-il. Sa camarade, Mlle Dior Mbao est du même avis, souhaitant la même facilité pour les épreuves suivantes.
Elle soutient que les différentes grèves qui ont émaillé l'année scolaire 2005/2006 n'ont pas encore eu d'incidences négatives sur les premières épreuves du Bac. Toutefois, elle invite les professeurs à ne pas boycotter la correction des examens. Car, « ce sont leurs enfants, leurs neveux, leurs frères qui passent actuellement le bac », affirme-t-elle. Cette question de boycott de correction des copies des épreuves du Bac a plané hier encore sur les examens.
Plusieurs centres d'examen de la capitale ont reçu la visite de responsables syndicaux du Cusems venus s'enquérir du respect du mot d'ordre de boycott.
Les syndicalistes Moussa Boirou et Babou Diène du Cadre unitaire des syndicats de l'enseignement moyen et secondaire ont dit leur joie pour le respect « à plus de 90 % » du mot d'ordre de boycott. « Cela nous laisse croire que les autorités étatiques vont revoir leurs positions. Parce qu'il n'y aura pas d'enseignants compétents pour la correction du baccalauréat », déclarent-ils. Pourtant au Lycée « Blaise Diagne », les présidents des jurys, Diène Ndiaye et Philomène Lopez Sall ont confié que plusieurs enseignants se sont présentés au niveau des jurys 808 et 810 pour le retrait des copies.
BACCALAUREAT 2006 - Corrections des épreuves et délibérations : Les assurances de l’Office du Bac
La direction de l’Office du Bac rassure les élèves et leurs parents en ce qui concerne la correction des copies des candidats. Un point de presse, tenu hier par Babou Diaham, le Directeur de l’office, et son équipe, a permis de revenir sur les mesures prises pour le bon fonctionnement du Baccalauréat 2006.
Après la session 2006 du Baccalauréat, les corrections et les délibérations auront lieu, malgré la grève des syndicats des enseignants. C’est Babou Diaham, le directeur de l’Office du Baccalauréat, qui en a donné l’assurance, lors d’une conférence de presse qu’il a tenue dans les locaux de son département. «Certes la question fondamentale que se posent les Sénégalais aujourd’hui est de savoir si les épreuves du Bac seront corrigées. Eh bien, moi je réponds que oui. Elles seront non seulement corrigées, mais les résultats seront proclamés», assure M. Diaham, qui explique qu’en ce qui concerne le Baccalauréat scientifique, la majorité des épreuves ont été corrigées. Mais, «le seul problème qui se pose est qu’il faut atteindre un quorum en ce qui concerne les professeurs, pour que les épreuves pratiques puissent se dérouler et les résultats définitivement délivrés».
Aussi, à l’instar de la série G, dont toutes les épreuves ont été corrigées et les jurys ont délibéré, Babou Diaham annonce qu’il en sera de même pour le Bac général. Même s’il ne peut pas dire encore si les corrections prendront un ou dix mois. Ce qui est évident, c’est que «les concertations sont déjà en train d’être faites au niveau national, pour définir les directives de corrections des épreuves philosophiques». Car, «les autorités ont donné des instructions fermes pour que le travail se fasse et que les élèves ne fassent pas les frais de la grève des enseignants».
Se prononçant sur la grève des syndicats, le directeur de l’Office du Bac semble se réjouir du fait que tous les enseignants ne suivent pas le mot d’ordre. Puisque, «ceci va en faveur des candidats». Mais pour ce qui est d’une probable réquisition des enseignants en grèves, l’Office du Baccalauréat, décline ses responsabilités, affirmant que «c’est l’autorité qui décidera d’une quelconque réquisition de ces enseignants en grève, et ceci, conformément aux textes en vigueur».
Cette conférence de presse a permis également à Babou Diaham, de partager les chiffres de la session 2006. Un bilan qui fait état de 41 693 candidats inscrits. Ce qui révèle que les effectifs globaux ont augmenté de 13,8% par rapport à la session 2005. Et au nombre des innovations de cette session, on note sur le plan pédagogique, «le réaménagement du calendrier du 2e groupe pour une programmation simultanée des non dominantes. Désormais, le 2e groupe dure deux jours au maximum, l’allègement des épreuves d’Eps et la mise en place d’une nouvelle application de la gestion de l’examen qui prend en charge le fonctionnement des jurys».
Les innovations du Bac 2006 concerne également les indemnités. Car les primes spéciales pour les chefs de centre adjoints sont désormais de 25 000 et de 15 000 francs Cfa pour les correcteurs. De nouvelles procédures ont été élaborées pour les décomptes des journées de surveillance. Raison pour laquelle le directeur de l’Office du Bac explique que «désormais, les chefs de centre doivent procéder aux décomptes des demi-journées et transmettre à l’Office du Baccalauréat un état récapitulatif de surveillance».
En effet, 2 866 correcteurs et examinateurs sont programmés et attendus pour ces examens. Et ils doivent corriger 243 300 copies pour le premier groupe et 60 000 copies pour le second.