Baccalauréat 2026 au Cambodge : la réforme anti-fraude et ses résultats
Le Cambodge offre l'un des exemples les plus nets de ce qu'une réforme de l'intégrité des examens peut produire. En 2014, l'instauration d'un dispositif anti-fraude a fait chuter le taux de réussite de plus de quatre-vingts pour cent à un peu plus de vingt-cinq. Une décennie plus tard, le pays affiche son meilleur résultat historique.
Avant 2014 : un examen discrédité
L'examen de fin d'études secondaires, communément appelé Bac II, était devenu un symbole de la corruption du système éducatif. Des corrigés se vendaient devant les grilles des établissements, des antisèches passaient par les fenêtres des salles, et certains surveillants fermaient les yeux en échange de paiements.
Les taux de réussite affichés, très élevés, ne reflétaient donc pas le niveau réel des candidats, et la valeur du diplôme s'en trouvait durablement dévaluée.
La réforme de 2014
Le ministère de l'Éducation a instauré un dispositif strict : fouille des candidats à l'entrée, confiscation des calculatrices et des téléphones, et surtout déploiement de milliers d'observateurs indépendants, recrutés par l'unité anticorruption, chargés de surveiller les candidats et les surveillants.
L'effet fut immédiat et spectaculaire : 23 126 candidats admis sur 89 937, soit 25,72 %, contre plus de quatre-vingts pour cent l'année précédente. Une session de rattrapage exceptionnelle fut organisée dans la foulée.
Cet épisode a fait du Cambodge un cas d'école : il a montré l'écart réel entre un taux de réussite et le niveau qu'il est censé mesurer.
| Année | Taux de réussite |
|---|---|
| 2014 | 25,72 % |
| 2025 | 84 % |
2014 : première session soumise au dispositif anti-fraude, 23 126 admis sur 89 937 candidats. 2025 : chiffre arrondi communiqué par les autorités, niveau le plus élevé jamais enregistré.
Un redressement sur dix ans
Le choc de 2014 n'a pas été suivi d'un retour aux pratiques antérieures. Les taux se sont redressés progressivement, portés par un travail de fond sur les programmes, la formation des enseignants et la préparation des élèves.
La session 2025 a établi un record historique, avec plus de 84 % de réussite — cette fois sur un examen dont l'intégrité n'est plus mise en cause. La progression correspond donc à une amélioration réelle, et non à un relâchement du contrôle.
L'organisation de l'examen
L'examen est organisé au niveau national par le ministère de l'Éducation, de la Jeunesse et des Sports. Il se déroule sur plusieurs journées et couvre les mathématiques, les sciences, les langues, les sciences sociales et le khmer.
Les résultats sont assortis de mentions, qui pèsent dans l'accès aux filières universitaires les plus sélectives et dans l'attribution des bourses.
Après le baccalauréat
Le diplôme conditionne l'accès aux universités publiques et privées du pays. Le Cambodge conserve par ailleurs des liens avec l'espace francophone, avec des filières universitaires partiellement dispensées en français, notamment en médecine et en ingénierie.
Les meilleurs résultats ouvrent l'accès aux bourses d'études à l'étranger, en Asie du Sud-Est comme en Europe.
Questions fréquentes
- Pourquoi le taux de réussite s'est-il effondré en 2014 ?
Parce qu'un dispositif anti-fraude strict a été instauré cette année-là, avec fouille des candidats et déploiement d'observateurs indépendants. Le taux est passé de plus de 80 % à 25,72 %.
- Le niveau s'est-il vraiment amélioré depuis ?
Oui. Le redressement s'est fait sans revenir sur les mesures de contrôle, et s'accompagne d'un travail sur les programmes et la formation des enseignants. La session 2025 a dépassé 84 %.
- Le français est-il présent dans l'enseignement ?
Le Cambodge conserve des liens avec l'espace francophone, avec des filières universitaires partiellement dispensées en français, notamment en médecine et en ingénierie.